Chris Wolstenholme – Music Feeds – 3 juin 2015

Chris Wolstenholme a pu discuter mercredi avec Emmy Mack de Music Feeds, et nous en dévoile plus sur la façon dont s’est fait l’album ‘Drones’, évoque un possible projet de comédie musicale et aborde enfin la tournée australienne et les performances live.

Muse nous parlent des albums-concepts et espèrent emmener ‘Drones’ au West End

Image for Muse Talk Concept Albums And Hopes Of Taking ‘Drones’ To The West End

Il ne reste plus que quelques jours avant que soit révélé ‘Drones’, le septième album studio de Muse – une démarche conceptuelle dans laquelle le trio anglais aborde des thèmes totalement épiques, comme l’abandon, la perte d’espoir, l’endoctrinement et l’oppression.

Produire un album-concept est une initiative audacieuse, étant donné que ‘Drones’ succède à ‘The 2nd Law’ sorti en 2012, un album très vaste, diversifié et ambitieux. Cette fois-ci, le groupe a été assisté du célèbre producteur d’AC/DC, Robert John « Mutt » Lange, ils ont remplacé le dubstep et l’électro par un travail de guitare éblouissant et ont retrouvé la magie de leur son de trio de trois instruments.
Nous avons rencontré le bassiste Chris Wolstenholme avant la sortie de l’album, pour évoquer la collaboration avec ce célèbre producteur, l’importance des albums-concepts, et si jamais le groupe projette de monter une comédie musicale ‘Drones’ au West End.

Music Feeds : Il y a vraiment trop à dire à propos de ce nouvel album. En se révélant être un véritable opéra-rock du début à la fin tout en racontant une histoire, ‘Drones’ va bien plus loin qu’un simple album-concept ordinaire. Qu’est-ce qui vous a motivés à faire un album comme ça ?

Chris Wolstenholme : Nous avions déjà un peu touché aux « albums-concepts » avant, mais lorsque vous avez une idée, c’est toujours assez difficile d’essayer de faire correspondre l’album à cette idée. Et je pense que par le passé, c’est probablement cela qui a fait que les albums précédents n’étaient pas des albums-concepts, car celui auquel ils étaient reliés était assez vague. Mais il y a toujours des chansons qui sortent un petit peu du concept.
Vu que les albums semblent devenir de moins en moins importants – et cela depuis des années –, je crois que nous avons presque voulu en quelque sorte rétablir l’importance de l’album. Mais je pense que pour faire un album important, vous devez vraiment lui donner une bonne raison de l’être. Et nous avons senti que le fait d’avoir une histoire vraiment solide du début à la fin, ainsi qu’un concept bien défini, donne un sens et une raison d’être à l’album, une raison pour qu’il retrouve son importance.

M.F : Aviez-vous en tête une stratégie précise pour raconter cette histoire en allant en studio ? Si oui, en quoi cela a-t-il influencé le processus d’écriture de l’album ?

C.W : C’est difficile à dire, parce que Matt [Bellamy] s’occupe lui-même des paroles. Et pour être honnête, quand nous avons débuté en tant que groupe, une fois que Matt avait donné forme aux chansons, nous étions tous les trois très concentrés sur la musique.
Donc assez souvent, avec Dom [Howard], nous ne savons pas à 100 % sur quoi portent les paroles. Je savais que Matt avait dit qu’il s’agissait d’un album-concept et qu’il avait l’idée des drones. Mais au début il n’a pas vraiment donné trop de détails, pas avant de passer à l’enregistrement. Nous enregistrions aussi une grande partie de nos répétitions, comme ça nous pouvions constamment revenir dessus et comparer avec ce que nous avions fait la semaine précédente. Et alors que cela devenait de plus en plus intense, Matt a commencé à coucher sur papier beaucoup d’idées de paroles. C’est vraiment à ce moment-là que le concept m’est nettement apparu, et j’ai réalisé qu’il ne s’agissait pas simplement d’un vague concept, mais d’une véritable histoire, quelque chose qui apparaissait clairement tout au long de l’album.
Honnêtement, j’ai presque l’impression qu’une grande partie des sujets que nous avons abordés sur les albums précédents a mené à cet album précis.

M.F : D’un point de vue musical, on constate le retour de ces riffs de guitare monstrueux et de ces grands hymnes rock que beaucoup de fans considèrent comme étant le cœur du son de Muse. Était-ce un choix stratégique ?

C.W : Je pense que le plus important, c’est que l’album sonne de façon cohérente, et je pense que c’était obligé, vu que c’est la toile de fond d’une histoire. Lorsque vous écoutez ‘The 2nd Law’, les chansons sont totalement différentes les unes des autres, chaque chanson a une technique de production différente, il y a beaucoup de styles différents. Je ne pense que cela aurait aidé avec la façon dont l’histoire se déroule.
Pour nous, il s’agissait simplement de nous enregistrer comme un trio et laisser entendre aux gens ce que nous produisions à ce moment précis. Je pense que c’est en partie pour cette raison que nous avons eu recours à Mutt Lange pour produire cet album, parce que nous sentions que nous avions besoin que quelqu’un entre en jeu et fasse en sorte que l’album soit cohérent et qu’il capture réellement le meilleur de ce que nous pouvions donner en tant qu’individus.

M.F : En parlant de Mutt Lange, que les passionnés de rock reconnaissent comme étant le producteur de longue date d’AC/DC… Étiez-vous de grands fans avant que vous ne l’engagiez ?

C.W : Oui, enfin nous aimons tous ‘Back in Black’, non ? [rires] C’est un super album. Son palmarès parle de lui-même, il est incroyablement talentueux en tant que producteur, mais aussi en tant que compositeur. Il a écrit beaucoup de grandes chansons, vous savez.
Nous avons collaboré avec beaucoup de grands producteurs sur les six albums précédents, mais je pense que ce qui a fait la différence avec Mutt, c’est qu’il avait de l’expérience en  termes de composition, ce qui je crois nous a amené à le croire un peu plus au niveau des idées musicales, pas seulement au niveau des idées pour le son. Et c’est un type avec qui il est très agréable de travailler, il est vraiment, vraiment très gentil. C’est une personne douce, et je pense qu’il a beaucoup apporté à l’album.
Il y avait une chose que nous voulions faire en particulier, ce pour quoi il nous a aidés. Avant de commencer, nous lui avions dit que nous voulions passer moins de temps dans la salle de contrôle et passer plus de temps à jouer dans la live room. Et avec quelqu’un comme Mutt qui pouvait s’occuper de tout l’aspect technique et de l’enregistrement, nous pouvions alors vraiment jouer de nos instruments et nous concentrer là-dessus.

M.F : Parce que ‘Drones’ est essentiellement un opéra-rock… Si cela s’avère être une réussite, avez-vous un moment considéré le fait de faire de ‘Drones’ une comédie musicale et la produire au West End ? Ça a marché pour The Who and Queen !

C.W : Eh bien vous n’êtes pas la première personne à dire cela. [rires] Je pense que ce serait génial de faire ça à un moment donné ! Bien sûr, dans l’immédiat cela reste encore un album que les fans n’ont pas entendu, donc nous ne pouvons penser pour l’instant qu’à la sortie de l’album et à la tournée. Mais oui, ce serait super qu’il puisse être intégré à un genre de comédie musicale, quelque chose comme ça. C’est une chose que nous n’avons jamais faite, ce serait très intéressant d’y prendre part !

M.F : Grande question : quand serez-vous de retour en Australie ?

C.W : L’année prochaine, j’espère. Nous n’avons réservé encore aucune date pour l’instant mais je suis presque certain que nous allons venir en Australie. Nous sommes venus en Australie pour chacun de nos albums, donc nous n’avons aucune raison de ne pas le faire avec cet album. Mais je pense que ce serait plus vers mi-2016 ou peut-être en fin d’année prochaine. Je sais que nous allons aux États-Unis en fin d’année, et puis après il y a la tournée européenne, mais je suis sûr que ce sera au tour de l’Australie après ça. Je suis certain que nous viendrons à un moment donné.

M.F : Avez-vous hâte de tester toutes les nouvelles chansons en live ?

C.W : [rires] Oui, absolument ! Nous avons déjà fait quelques concerts, une petite tournée au Royaume-Uni il y a environ un mois et en ce moment nous sommes aux États-Unis… et honnêtement, toutes les nouvelles chansons ont été très bien accueillies jusqu’à maintenant. Étant donné que ça sonne davantage comme un groupe de trois instruments, que c’est plus rock, la transition du studio au live a été beaucoup plus simple, certainement beaucoup plus que pour le dernier album. Je crois que nous nous sentons assez à l’aise en tant que trio rock, donc c’est beaucoup plus facile de jouer ces chansons pour la première fois.
Je me rappelle que les premiers concerts de ‘The 2nd Law’ étaient assez stressants, nous devions penser à tant de choses… Nous devions jouer certaines chansons d’une manière différente de ce à quoi nous étions habitués jusque-là, et cela a dû nous prendre environ deux mois pour nous y faire, car il était très difficile de reproduire certaines chansons en live. Avec cet album, je ne vois vraiment aucun problème avec les chansons, je pense qu’elles seront toutes faciles à jouer en live. Jusqu’à maintenant, je crois que nous avons joué environ quatre chansons de l’album en live et nous étions beaucoup plus à l’aise.

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