Matthew Bellamy – Radio 104.5 – 7 mai 2015

Matthew Bellamy était au téléphone avec Wendy Rollins pour la radio 104.5 (Philadelphie) jeudi dernier. Je vous laisse découvrir la retranscription !

Matthew Bellamy : Bonjour, c’est Wendy ?

Wendy Rollins : Oui ! Matt, comment allez-vous ?

M.B : Bien, et vous ?

W.R : Je vais très bien. Où êtes-vous aujourd’hui ?

M.B : Je “Uptown Funk“ à New York quelque part, je ne suis pas certain de l’endroit. Je peux voir le parc de la fenêtre.

W.R : Ok. Donc c’est “Uptown Funk“ aujourd’hui.

M.B : Oui, c’est ça.

W.R : C’est même pas mon style, mais je ne peux pas oublier cette chanson ! Et chaque fois que je l’entends, et je me dis que ce n’est pas vraiment mon truc, mais je ne passe pas à autre chose. En fait, peut-être même que j’augmente le volume. Je ne veux pas nécessairement l’admettre, généralement je ferme les fenêtres. Enfin bon.

Il se passe tellement de choses avec Muse en ce moment. Je veux me laisser prendre au jeu, je veux parler de cet album Drones… Tout d’abord, comment Mutt Lange est-il entré dans la partie ?

M.B : Mutt Lange est bien sûr une légende dans le monde de l’enregistrement. En fait c’est une personne mystérieuse, un peu solitaire. Personne ne semble savoir où il est ou ce qu’il fait. Puis il est sorti de sa caverne en quelque sorte et a déclaré qu’il aimait Muse. Et d’une façon ou d’une autre, ce message est arrivé jusqu’à nous, et nous sommes dit : « Wow. C’est intéressant. » Et il avait un peu les mêmes idées que nous sur ce que devrait être l’album. Nous avons produit nos deux derniers albums par nous-mêmes, et nous avions l’impression de passer trop de temps dans la salle de contrôle, au lieu de la salle live. Donc nous nous sommes dit : « Pourquoi ne demanderions-nous pas à Mutt s’il est intéressé ? » Et il nous a invités chez lui, nous sommes allés en Suisse. Nous l’avons rencontré, nous sommes allés dans un studio… C’est un type tellement décontracté. J’étais un petit peu préoccupé ou nerveux à l’idée qu’il puisse changer vraiment les choses, et qu’il veuille des chansons pop ou des morceaux rock. Mais il a abordé en premier la question du concept, ce qu’il signifie pour le groupe, et des sujets comme la politique. Et je me suis aperçu qu’il était vraiment attiré par ça, il voulait vraiment en faire un album concept. J’ai trouvé ça vraiment intéressant, parce que c’était surprenant, je ne pensais pas qu’il allait être comme ça. Donc nous nous sommes très bien entendus, et c’est depuis ce moment-là qu’on a commencé à travailler sur l’album.

W.R : Pour être honnête, quand j’ai lu « Mutt Lange », j’ai pensé en premier à Def Leppard. Et de là, j’ai vu « Shania Twain », et je me suis dit : « Oh mon Dieu. Que se passe-t-il ? » Je crois beaucoup en vous les gars en tant que groupe. J’ai pensé : « Bon, s’ils sont vraiment sérieux, ok ! » Enfin, du peu que j’ai entendu, c’est-à-dire seulement deux chansons, c’est comme une centrale électrique ! Je voudrais vous poser des questions sur la vidéo de ‘Dead Inside’. Est-ce que c’est de la farine ? Ou du sucre ? Qu’est-ce que c’est, ça a l’air terrifiant. Je me suis dit que ça n’avait pas dû être simple à faire.

M.B : Je pense que c’est en partie de la farine. Mais je crois qu’il y a quelque chose d’autre. Un peu pareil que pour l’haltérophilie aux Jeux Olympiques. Quand vous portez des poids. C’est ce qu’ils se frottent sur les mains, peu importe ce que c’est. Des sacs et des sacs de cela. Je crois que c’est fait à partir de… je ne sais pas si c’est de la farine ou de la poussière, je ne sais pas, mais bon. Au départ c’est pensé pour vous donner de la prise sur quelque chose, comme des poids très lourds. Mais oui, cette vidéo était sympa. C’était un peu mon idée…

W.R : Vraiment ?

M.B : En fait j’ai vu une émission télévisée, ‘So You Think You Can Dance’. Je n’aurais jamais pensé regarder ça. Bon, ce n’était pas moi, plutôt ma compagne. Et puis j’ai accroché, je me suis dit que c’était cool. J’ai découvert le terme de « hip-hop lyrique ». C’est un genre de danse qui allie la danse contemporaine, très émotionnelle et expressive, au hip-hop, très saccadé et rythmé. Donc ça s’appelle « hip-hop lyrique ». Je me suis dit : « C’est un style de danse qui serait vraiment cool avec la musique ». C’est un mélange en quelque sorte des deux éléments majeurs de l’album. Sur l’album, il y a un peu une bataille entre les appareils technologiques, comme l’intelligence artificielle ou les drones, et l’humanité, l’intelligence et les émotions. L’album relate ce combat, et j’ai pensé que ce style de danse serait parfait pour ‘Dead Inside’. Je connais Simon Fuller, je l’ai rencontré à quelques reprises, et je savais qu’il produisait l’émission, donc je lui envoyé un mail en disant « Bonjour, pourrais-tu me recommander quelques-uns des meilleurs danseurs de ton émission ? » Et il m’a conseillé ces deux personnes. Il a été d’une grande aide. Et puis j’ai discuté avec eux et avec Tessandra, la chorégraphe. Je lui ai parlé du sens de la chanson, de quoi l’album parlait. Elle a alors élaboré cette chorégraphie, cette sorte de bataille entre une personne qui n’a pas d’émotions et une qui en a beaucoup.

W.R : D’accord. Quand je l’ai vue, j’ai été marquée à première vue par la chorégraphie, évidemment. Ça vous frappe vraiment. Ce que j’ai aimé, c’est que vous voyez les danseurs bouger, mais vous voyez rarement les mouvements autour d’eux. Et avec cette poussière, cette poudre, peu importe, vous pouvez en fait voir les mouvements autour d’eux. Vous pouvez voir comment ils provoquent du vent, en bougeant si intensément. Mais j’ai ensuite pensé au revers de l’histoire, vous avez dû cracher de la poussière pendant une semaine après avoir tourné cette vidéo !

M.B : Exactement ! Et les danseurs avaient bien plus de cran que nous. Dom n’arrêtait pas de tousser pendant les prises et disait qu’il devait faire une pause, les yeux injectés de sang… La poussière était partout ! Et puis nous avons filmé ça avec des drones, des caméras volantes. Et ils vous envoient la poussière au visage à chaque fois qu’ils passent au-dessus de vous. Puis les danseurs sont arrivés, et ils n’en avaient rien à faire ! Il y en avait partout, ils se déplaçaient… Ils n’ont pas toussé une seule fois. Peut-être que c’est parce qu’ils avaient les yeux noirs.

W.R : Des pouvoirs surhumains. Il y a eu quelque chose… Peut-être que c’est parce que vous regardiez, mais après votre départ ils ont revêtus leur cape et se sont envolés. Peut-être, peut-être.

Sinon, j’ai entendu la chanson ‘Psycho’. Et je me suis tout de suite aperçue qu’il y avait quelque chose avec le riff de guitare sur le refrain, ça m’a semblé très familier. Et j’ai pensé à ‘The Beautiful People’, de Marilyn Manson ! Donc j’ai évoqué ça, et quelqu’un a déterré une vidéo dingue… de quoi, 10 ans ? Vous passiez sur une chaîne vidéo et vous parliez de cette chanson-là, et à quel point vous aimiez ce riff. Est-ce que c’était enterré quelque part dans un coin de votre tête ? Ou alors vous vous êtes dit que vous alliez utiliser ce riff, et vous avez finalement trouvé un endroit où le caser ?

M.B : Eh bien c’est très difficile de retrouver l’origine de ce riff. À ce moment-là, vers 2005-2006, nous commencions à jouer de riff en concert occasionnellement. Et dès que nous avons mis en ligne la chanson, un fan a mis une vidéo sur YouTube qui retrace l’évolution de ce riff. Je crois qu’ils l’ont retracé jusqu’en 1998 ou 1999, enfin la première fois que nous l’avons joué. C’est différent. C’est comme une nouvelle version de ce riff. Ça a complètement changé et ça a donné cette chanson. Donc c’est très dur de savoir d’où il vient exactement. J’ai toujours aimé certains morceaux de Marilyn Manson, mais c’est difficile de savoir d’où ça vient. Et puis il y a aussi le shuffle, qui remonte par exemple au glam rock, avec des groupes comme T. Rex… Donc c’est difficile de savoir d’où vient le début de la chanson, mais en tout cas je sais que nous avons joué ce riff sous plusieurs formes depuis la fin des années 1990.

W.R : Je trouve toujours ça intéressant de voir comment les musiciens… Vous pouvez être en train d’improviser, quelque chose vous vient à l’esprit et puis trouve sa place dans une chanson des années plus tard. C’est vraiment cool ! Je sais que nous sommes limités dans le temps. Drones sortira le 9 juin. Je vous remercie les gars. Peut-être viendrez-vous à Philadelphie ? Avez-vous des projets ?

M.B : Oui, bien sûr. Nous sommes en train de réserver notre tournée. Cet été nous allons faire pas mal de festivals en Europe, et après ça nous viendrons en Amérique. Nous allons commencer par l’Amérique du Sud, et puis remonter. Nous serons en Amérique du Sud en septembre, puis au Mexique en octobre. Et d’ici novembre-décembre nous serons aux États-Unis. Donc nous viendrons sûrement à Philadelphie, que ce soit cette année ou en début d’année prochaine, je ne suis pas encore sûr. Mais en gros on va remonter du sud au nord.

W.R : Ok. Eh bien ça sera le plus charmant cadeau de Noël. Nous attendons ça ainsi que l’album avec impatience. J’apprécie vraiment que vous m’ayez accordé de votre temps, Matt. Ce fut un plaisir. Et je suis toujours enthousiaste pour quoi que ce soit qui ait rapport à Muse. C’était sympa, et j’ai hâte que vous nous en disiez plus, les gars !

M.B : Super, merci beaucoup.

 

Vous pouvez écouter l’interview ici.

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