Muse – NME – 20 mai 2015

Cet article de Gavin Haynes relate l’entrevue de Muse avec le magazine NME, tout en nous apportant une riche critique de ‘Drones’. Les thèmes abordés sont sérieux et révèlent l’état d’esprit du groupe, par exemple vis-à-vis du climat politique. Bref, cela vaut nettement un petit détour.

Interview : Sur les guerres modernes, les théories du complot qui ont servi de fil directeur au nouvel album ‘Drones’ et la soirée que Matt Bellamy a passée à la Maison Blanche.

Muse sont au mieux de leur forme à l’aube de ce septième album, en soulignant les atrocités de la guerre moderne avec un space-rock grandiose et expérimental. « Un retour aux sources à notre façon », ont-ils dit à Gavin Haynes de NME.

Il y a trois ans, grâce aux prestigieux contacts de sa compagne Kate Hudson, le chanteur de Muse, Matt Bellamy, s’est lui-même retrouvé au dîner annuel des correspondants de la Maison Blanche, et s’est retrouvé assis à côté de l’ancien secrétaire d’État de George Bush, le général Colin Powell. Il y a eu un raté du renseignement ce soir-là, en ce sens que les autorités n’avaient pas réalisé que placer un homme obsédé par les théories du complot à côté d’un des personnages les plus importants du complexe militaro-industriel n’était peut-être pas la meilleure chose à faire.

– Je lui ai parlé des balles dum-dum, nous dit Bellamy, puisque le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis en a acheté des millions. Elles explosent quand elles vous frappent. Je crois qu’elles sont interdites par la Convention de Genève. Cela a été largement relayé par la presse du complot, et la question est de savoir pourquoi ils en achetaient autant. On aurait dit qu’ils se préparaient à d’énormes émeutes. Donc [Collin Powell] a dit, et c’était une étonnante déviation ainsi qu’un aperçu effrayant de la mentalité de l’armée : « Quand vous êtes sur le terrain et que vous voulez tirer et tuer, vous voulez le faire rapidement et proprement. »

Bellamy rigole d’un de ses rires maniaques.

– Et voilà. On passe au dessert…

Comment était Powell ? Était-il impressionnant, un homme à la hauteur de sa fonction ?

– C’est difficile à dire après une seule rencontre. Mais vous savez, c’est enivrant de faire partie de cette structure de pouvoir, et je pense que lorsque les gens se voient offrir la possibilité d’en faire partie, ils sont disposés à sacrifier une partie de leur conscience morale. Cela devient une culture de mise sous pression, genre « c’est comme ça que les choses se font ici, vous ne saviez pas ? » Et avant même de le savoir, vous prenez des décisions de mort avant le petit-déjeuner.

En un mot, c’est l’aperçu psychologique derrière ‘Drones’. À un certain niveau, le septième album de Muse est ridiculement Ronseal. Il s’appelle ‘Drones’, il parle de drones du début à la fin. Même le style studio-baroque-progressif de l’album précédent, ‘The 2nd Law’ en 2012, avec ses extraits enregistrés établissant une comparaison entre une croissance économique instable et le deuxième principe de la thermodynamique, ressemblait plus à un chausse-pied conceptuel. En revanche, ‘Drones’ est un missile dirigé par laser droit dans le gosier de l’auditeur, un Album Concept avec un grand-C qui fait passer ‘The Wall’ de Pink Floyd pour la dernière collection de chansonnettes de Vaccines.

Le sentiment d’un groupe qui se place en-dehors se ressent dès la couverture, qui est soit ‘Wish You Were Here’ de Pink Floyd, tel le génie de « deux hommes en flammes se serrant la main » ou ‘Born This Way’ de Lady Gaga, façon « tu vois que ma tête est sur une moto ». Le fait qu’ils aient continué en s’interrompant à peine pour y accorder de l’importance semble être révélateur de leur état d’esprit.

De bout en bout, ‘Drones’ a un objectif commun qui semble marquer le moment où, dix-huit ans et six albums après être partis ensemble de Teignmouth, Bellamy semble avoir laissé tomber sa prétention à devenir une super rockstar, et changé de cap pour devenir le commentateur social anxieux que ses interviews ont toujours suggéré.

Vous pourriez caractériser le hall de l’hôtel The London EDITION de « boutique aux allures de renfermé » – plein de vieux rose et de marbre gris. Les murs du restaurant particulier sont recouverts de tableaux dignes de la National Gallery, représentant des douairières de l’époque victorienne ainsi que des jeunes filles géorgiennes, drapées près de calèches de foin. Mais il y a aussi un œuf en argent géant qui pend au-dessus de l’escalier pour compenser. Derrière le bar, un homme barbu en cravate noire scie une sculpture de glace qu’il est en train de confectionner. Une table de billard se tient juste à côté du coin où nous sommes assis, autour de laquelle Matt Bellamy s’est récemment tenu en compagnie du batteur du groupe, Dominic Howard. Il n’est que dix heures du matin, mais le duo est levé depuis des heures, venant juste de parcourir le chemin depuis le siège de  Radio 1, où ils étaient avec Nick Grimshaw.

Assis à la table, Howard nous sourit. Il porte une veste noire de rockeur classique et un t-shirt blanc, qui lui donne l’air, avec ses cheveux bond-sable et son bronzage californien, d’appartenir à n’importe quel groupe dans les contacts de la R1 des quarante dernières années (de Duran Duran à Eddie & The Hotrods, Sleeper ou El Presidente). Il ressemble en tout point à la Los Angeles dans laquelle il vit à présent, tout particulièrement lorsqu’il s’assied et commande de l’eau de coco, ce à quoi il est accro à présent.

– Du potassium, ajoute-t-il avec autorité.

En manque-t-il particulièrement ?

– En avoir un peu plus ne serait pas plus mal…

Bellamy porte sa veste classique en cuir avec col en laine. Il parle très vite.

– J’ai lu ce livre, Predators: The Secret Origins Of The Drone Evolution.

Il démarre sur les chapeaux de roues.

– C’est prolifique. Le nombre de personnes qui ont été tuées est absolument prolifique. Apparemment, Obama se lève le matin, se rase, descend petit-déjeuner, bois une tasse de thé. Et avant que sa journée ne commence, il s’installe dans la salle d’opérations et prend ces décisions de mort qui sont assez importantes pour passer par-dessus toute la chaîne alimentaire. Celui-ci. Pas celui-là. Tuer. Ne pas tuer. Et puis il reprendra le cours de sa journée et souhaitera le bonjour à ses filles. Donc quand j’ai commencé à en lire plus sur ce terme de décision de mort, ça m’a fasciné…

En repassant l’enregistrement, il est remarquable de constater à quel point il y a peu d’expressions telles que « vous savez ce que je veux dire » ou « enfin je pense que lorsque vous le dites comme ça ». Ses  paroles se déversent en un flot d’informations très dense.

– Il a beaucoup ralenti, nous a dit plus tard le bassiste Chris Wolstenholme. Lorsque nous avons commencé, il parlait beaucoup plus vite que ça. En allant à l’étranger, nous sommes par exemple passés à la télévision italienne, et les interprètes avaient vraiment du mal à le suivre. Mais je pense qu’au fil des années, tellement de gens lui ont demandé s’il pouvait ralentir après les interviews qu’il a appris à freiner un peu.

Et son rire, conspirateur, anticipé. Dans le film ‘Amadeus’ de 1981, l’acteur américain Tom Hulce jouait Mozart comme s’il était un homme qui prenait un plaisir maniaque dans chaque moineau qui pétait, chaque entrelacs de fumée qui s’élevait de sa bougie. Il y a quelque chose de cela chez Bellamy. Il est exactement ce qu’une star de rock devrait être : quelqu’un qui ne semble pas percevoir la réalité de la même manière que le reste du monde. Un petit peu céleste. Un petit peu neuropathologique.

Selon lui, les drones sont pour l’instant toujours contrôlés par des opérateurs. La plupart d’entre eux sont de braves garçons du Langley, en Virginie, où se tient le siège de la CIA, jouant essentiellement aux jeux vidéo avec des vies réelles à l’Ouest de l’Afghanistan ou à l’Est du Pakistan. Isolés, aliénés, coupés des conséquences de leurs actes. Cela en donne une assez mauvaise image, mais ce n’est même pas la moitié de ce qui va arriver dans la prochaine décennie – où des systèmes d’intelligence artificielle assez sophistiqués pourront prendre les décisions de mort les plus banales à la place des braves garçons et des Présidents.

Vous ou moi appuieriez sur la gâchette car nous aurons l’intuition qu’untel est un insurgé. Mais une machine vaguement intelligente peut également avoir une intuition, basée sur la probabilité que les humains en face d’eux viennent d’un certain endroit, basée sur le type d’armes qu’ils détiennent, ou sur leurs habits. Alors pourquoi, et nous nous le demanderons toujours davantage, l’intuition humaine est-elle meilleure que celle d’une machine ?

– Pour moi, c’est la fin. À partir du moment où vous acceptez qu’un ordinateur prenne la décision de tuer, vous êtes dans ‘Terminator 2’. Tout ça est assez effrayant, et je ne pense pas que la population soit vraiment aussi consciente qu’elle devrait l’être de la direction que tout cela est en train de prendre, de ce que tout cela signifie.

Il serait plus facile de répondre à la question si cela était simplement attribué au dernier KillBot 3000 du Pentagone. Mais la participation humaine entre aussi dans l’équation.

Parallèlement, Bellamy lisait à propos des psychopathes, comme le livre à succès The Psychopath Test de Jon Ronson et Snakes In Suits de Robert D Hare. Cela parle des psychopathes dans le milieu professionnel, et soutient qu’une personne sur cent présente des caractéristiques psychopathiques, et que ces gens ont tendance à se retrouver en grande partie dans les conseils d’administration. Leur manque d’empathie signifie qu’ils font preuve de charme quand il est nécessaire, de brutalité quand c’est l’arme la plus efficace, et n’ont pas cette ambivalence morale déconcertante qui paralyse le reste d’entre nous.

– J’ai vu un parallèle avec le fait que nous soyons obsédés par l’efficacité, et aussi comment les gens sans empathie ont l’air de très bien réussir dans la société actuelle. Il y a deux cents ans, l’industrialisation a ruiné la main-d’oeuvre. De nos jours, particulièrement dans l’Ouest ou en Amérique, les gens qui sont « efficaces » et qui peuvent mettre leurs émotions entre parenthèses ont tendance à gagner. Mais à quel prix pour le reste d’entre nous ?

Il pressent que la réponse est de regagner un peu de cette empathie qui est mise de côté dans nos vies matérielles et où la technologie est très importante.

– L’empathie semble être vue comme une faiblesse. Nous conditionnons les gens à la refouler pour réussir. Mais vraiment, on doit voir ça à nouveau comme une force s’il doit y avoir quelque espoir dans le monde.

Chris Wolstenholme pense que Matt a ce genre d’empathie.

– Bien sûr. Je pense que nous l’avons tous. Je ne pense pas que quelqu’un sans empathie puisse écrire cet album-là. C’est un album écrit par quelqu’un qui est horrifié de voir que l’univers rejette cette empathie.

C’est cette petite lueur de connaissance que Matt espère maintenant faire briller à travers le monde, grâce à sa traditionnelle méthode de créer un disque grandiloquent, néo-classique et progressif, comme il vient de faire.

Débutant avec le glamour du classique ‘Supermassive Black Hole’ dans ‘Dead Inside’, Drones suit la chute et l’ascension de quelque opérateur de drones lambda, qui commence par subir un lavage de cerveau à la ‘Full Metal Jacket’ par un sergent instructeur dans ‘Psycho’. Puis ‘Mercy’ plonge en plein dans la paranoïa : « Men in cloaks always seem to run the show… We’re going under, hypnotised by another puppeteer », alors que ‘Reapers’ place la guerre du contrôle de l’esprit en première ligne de la guerre contre la terreur : « You kill by remote control/The world is on your side. You’ve got the CIA babe. »

Notre nouvel ami se plie avec une totale obéissance à la volonté des pouvoirs en place. Il effectue le boulot pour eux sur ‘The Handler’ avant de développer une conscience qui lui est propre et déserte sur ‘Defector’, puis se révolte ouvertement avec ‘Revolt’ et voit les conséquences de tout cela avec ‘Aftermath’.

Entre-temps, Bellamy s’est servi d’un célèbre discours de JFK comme apex audio pour symboliser la transition de son personnage anonyme de l’acceptation à la rébellion. Cela commence par : « Car nous sommes confrontés dans le monde à une conspiration monolithique et implacable… »

Les premières vidéos YouTube à ce propos consistent en une nouvelle perspective de théorie du complot, intitulée : « JFK Warned Us About The New World Order » [JFK nous avait mis en garde contre le Nouvel Ordre Mondial.]

Après ‘Aftermath’, les choses deviennent particulièrement étranges. ‘The Globalist’ met en scène le même ex-opérateur de drones – s’étant finalement libéré du joug de ses oppresseurs – devenant son propre dictateur. Long et fort, cela va rejoindre les choses les plus excentriques qu’ils aient jamais faites : un ‘Knights of Cydonia’ à son maximalisme qui commence par deux minutes de violons et de sifflements dans le doux style d’Ennio Morricone, atteignant son point culminant six bonnes minutes plus tard avec un compte à rebours de dix jusqu’à la fin effective de notre monde.

Une fois le monde éteint, le morceau final est encore plus bizarre avec son côté minimaliste. Basé sur la musique de chœur du compositeur italien Giovanni Gabrieli, il n’y a aucun instrument. Simplement la voix de Bellamy repassée en boucle avec un chœur. C’est un hymne lent et triste, dans lequel Bellamy ne chante que ces paroles : « My mother… my father my sister my brother my son my daughter… killed by drones. Can you feel anything? Are you dead inside? Now you can kill from the safety of your home with drones. Amen. »

– C’est une lamentation pour les victimes, considère Bellamy. Cela finit sur le chœur fantomatique des oubliés. Ils ne verront jamais la justice, et ils ont été tués par un robot. Il y a là quelque chose d’intrinsèquement tragique à propos de l’humanité.

D’un point de vue musical, cela ressemble souvent à un assortiment de leurs meilleurs hits. On retrouve le style pimpant de ‘Starlight’ qui se glisse dans les riffs de piano de ‘Mercy’, et le style scintillant de ‘Uprising’ dans ‘Psycho’. ‘Defector’ apporte la tonalité douce des Pixies au règne habituel de Queen. Et ‘Aftermath’ semble dire : « Et si on demandait à Pink Floyd de faire un montage pour les Jeux Olympiques ? »

Mais pour un groupe qui disait aux journalistes vers la fin de leurs tournées pour ‘The 2nd Law’ qu’ils avaient senti qu’ils avaient poussé les choses jusqu’à leurs limites et qu’ils avaient maintenant besoin de « revenir aux sources », ce n’est pas tout à fait ‘Nebraska’. Ce n’est même pas ‘In Rainbows’.

– Mais c’est un retour aux sources à notre façon, remarque Dom Howard. Oui, c’est riche et grandiloquent, mais nous avons commencé l’enregistrement d’une manière très différente de ce que nous faisons normalement. Pour la première fois, nous trois dans une pièce, nous regardant à nouveau les uns les autres. Je pense que pour ‘The 2nd Law’, produit par nous-mêmes, nous avons passé tellement de temps dans la salle de contrôle que nous nous sommes perdus de vue en tant que groupe.

La majeure partie de Drones a été élaborée en live. Associés avec Mutt Lange, le producteur de ‘Back In Black’ de AC/DC, même l’excentrique ‘The Globalist’ a été enregistré en une seule fois. Il y a dix-huit ans, ils se sont donnés à fond pour produire ‘Showbiz’ dans le sous-sol de la grand-mère de Matt – contre les murs humides, sur lequel étaient disposées des boîtes d’œufs et de « bizarres araignées noires et luisantes » qui descendaient directement dans leur espace de répétition. Ils ont décidé de retrouver cet esprit-là, se terrant au sous-sol bien plus agréable de Matt durant l’été.

– Je pense que nous voulions faire les choses en grand pour ‘Drones’, explique Howard. Pour cette raison, c’est très varié. C’est le son que nous avons produit en étant très expérimentaux et en perdant un peu la tête.

Malgré la bonne cohésion du groupe, la création de ‘Drones’ n’a pas dû être trop facile pour Bellamy car il s’est finalement séparé en décembre dernier de la mère de son enfant, Kate Hudson, sa fiancée depuis plusieurs années. La rupture a semblé être aussi amicale que possible quand un enfant et l’amour d’une vie sont impliqués. Cependant il y a une certaine ironie chez un homme s’inspirant peut-être du moment le plus tendre et le plus sensible de sa vie adulte et en faisant un album à propos de machines tueuses irréfléchies et insensibles. Il ne s’agit pas de ‘Rumours’ de Fleetwood Mac.

La réponse qu’il donne résume le paradoxe entre l’homme exubérant qui a correspondu aux plus grands clichés du rock, et l’âme réservée, nerveuse, émotionnelle et prudente qui se cache dans des faits et des détails, et qui ne souhaite pas trop dévoiler ses sentiments.

– Écoutez. Nous avons eu une bonne relation, c’est une personne charmante, c’est mieux si nous restons amis.

Mais cela ne s’est jamais répercuté dans la musique ? Vous avez laissé ça de côté ?

Il regarde droit devant.

– C’est difficile pour moi de pointer du doigt ce qui dans l’album est en lien avec cela… Sauf ce que l’on ressent lorsqu’on se retrouve en-dehors d’une relation, on médite, on pense aux moments de notre vie qui ne se sont pas passés comment on l’aurait voulu… Je me suis reconnecté avec les moments dans ma vie où je me suis senti seul ou à l’écart.

Avez-vous réfléchi aux moments qui se sont mal passés dans votre vie, Matt ? Avez-vous fait de longues promenades à travers la campagne ?

– Bien sûr, dit-il. Je me promène toujours dans la campagne. La campagne du Sud Devon… En fait j’allais faire du letterboxing.

Le letterboxing est une quête saine qui consiste à sortir et à trouver des boîtes, basées sur des indices cachés dans de petits coffrets au milieu des champs.

Bellamy continue quand même de nier être un compositeur engagé politiquement.

– Je ne dirais pas que je suis concerné par la politique de cette façon. Dans tout ce que nous faisons… il s’agit davantage de réagir aux émotions concernées dans cette situation.

Mais peut-être que si l’on peut dire qu’une émotion peut lier les idées socio-politiques amenées de l’extérieur avec le cœur-même de cet homme, il s’agit de ce sentiment de solitude, d’étranger essayant de trouver son chemin dans le labyrinthe.

– Quand je repense à mon adolescence, quand mes parents se sont séparés, le fait de me sentir seul, sans plus aucun contrôle et devoir survivre… Et puis d’autres moments où j’ai dû trouver ma propre voie… Cela a toujours été un thème dominant dans ce que j’ai fait.

Est-ce comme une catharsis ? Êtes-vous plus heureux à présent ?

– Oui… j’y arrive.

Il fait une pause, ce qui arrive rarement.

– Je me suis vraiment senti beaucoup mieux ces derniers mois. En fait je vais vraiment bien…

C’est une aube nouvelle, c’est un jour nouveau. Après sept albums, Muse ont construit une des communautés internationales de fans les plus ardentes et les plus sincères, plus que n’importe quel groupe de pop moderne. Que faites-vous avec un groupe pareil ? Si vous êtes Matt Bellamy, vous le poussez droit dans l’usine de guerre moderne, sinistre et abstraite. C’est quelque chose de nouveau, même pour eux.

 

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